Il est certain que seuls des pouvoirs limités et minimisés devraient être accordés à ce gouvernement de transition d’union nationale qui vit ses dernières heures et dont on constate tristement que d’anciens ministres « s’accrochent » encore au pouvoir.
Il va de soit que le RCD doit être immédiatement dissous et que M. Mohamed Ghannouchi – qui reste le dernier Premier ministre du président Ben Ali, doit démissionner et laisser la place à un représentant plus proche de la mouvance démocratique de la rue. Ce dernier devrait être Moncef Marzouki, opposant historique au régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui est rentré mardi en Tunisie. Peut-être sera-t-il élu Président de la Tunisie ces prochains mois.
Ce gouvernement ne devra pas demeurer en exercice 6 mois durant. Cela est bien trop long pour répondre à 23 ans d’attentes. L'article 57 de la Constitution, stipule que « le président du parlement assume l'intérim de la présidence et prévoit des élections dans une période comprise entre 45 et 60 jours », a déclaré Fethi Abdennadher, président du Conseil constitutionnel.
C’est toute la Constitution tunisienne qui va devoir être modifiée et donc toutes ses têtes pensantes actuelles. Rappelons que celle-ci date du 1er juin 1959, signée par Habib Bourguiba !
Enfin les nombreux tunisiens qui n’ont cessé de soutenir Ben Ali et sa famille et d’amplifier fortement la corruption en Tunisie depuis des années devraient tous être emprisonnés en attente d’une justice nouvelle, éclairée, républicaine et démocratiquement représentative.
Tout parti politique, syndicats ou mouvements religieux se devront donc nécessairement de devenir indépendants vis-à-vis de l’autorité publique par la loi.
Espérons que la France – malgré ses récentes erreurs d’engagements diplomatiques provoquées par Mme. Alliot-Marie -, l’Europe et le monde entier sauront s’élever avec force contre toute dérive qui viserait à empêcher la naissance de cette démocratie mais aussi à contribuer à l’aider et dont nous rappellerons que la souveraineté appartient au peuple tunisien qui est en droit de l'exercer conformément à la Constitution (Art. 3) pour organiser des élections libres. La Tunisie fut d’ailleurs le premier pays arabe dans le monde à avoir adopté une Constitution, dès 1861.